Norma Jeane Baker de Troie
Marilyn Monroe – née Norma Jeane Baker – et Hélène de Troie partagent un même destin: celui de femmes transformées en icônes, adorées puis sacrifiées par des mondes façonnés par le pouvoir masculin. La guerre et le cinéma les célèbrent autant qu’ils les consument.
Dans la version d’Euripide dont s’inspire Anne Carson, Hélène n’est jamais allée à Troie. Pâris n’a enlevé qu’un fantôme, un nuage à son image. Les hommes s’entretuent donc pour une illusion. À partir de ce vertige, Anne Carson compose un poème tragique où se superposent Sparte, New York et Hollywood, tragédie antique et culture contemporaine, Hélène et Marilyn.
Les figures se déplacent et se rejouent: Norma Jeane prend les traits de Truman Capote, Arthur devient roi de Sparte et de New York, tandis que le théâtre lui-même oscille entre mythe, mémoire et fiction. Entre fragments lyriques et définitions du lexique guerrier, la pièce interroge avec une ironie acérée les récits de pouvoir, de domination et de représentation qui traversent l’histoire occidentale.







