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Le Cid
Les multiples péripéties qui ont fait sa renommée à travers les siècles débutent par un soufflet : par jalousie, le comte Don Gomès (père de Chimène) gifle le vieux Don Diègue (père de Don Rodrigue) et c’est le fils de ce dernier qui assume le duel au cours duquel il rend orpheline celle qu’il devait épouser. Chimène ne cessera de demander réparation au Roi, refoulant ses sentiments, tandis que de son côté l’Infante s’exerce à taire son propre amour pour Rodrigue, que son rang lui impose de sacrifier.
Depuis sa mise en scène de Cyrano de Bergerac en 2006 jusqu’aux dernières en date Salle Richelieu, Lucrèce Borgia et Les Fourberies de Scapin, Denis Podalydès convie la Troupe à porter le répertoire dans des créations d’une beauté à la fois picturale et incarnée. Il choisit cette saison Le Cid de Corneille et il revient sur la valeur donnée au « personnage », à l’épreuve du code d’honneur, dans cette pièce qui se déroule dans le XIe siècle espagnol : « Le personnage cornélien, homme ou femme, est amoureux et son amour va contre ce code, se brise contre lui. Une puissante contradiction le déchire, le divise intérieurement, le ravage. Mais il accède à une forme de conscience qui le fait se détacher du commun : ce doute existentiel le fait tant souffrir qu’il le transforme, le brûle, l’illumine et l’assombrit tout en même temps, le fait advenir à ses propres yeux, aux yeux du groupe, aux yeux du public. »