L'Amant
Un prix Goncourt. 134 pages. Une histoire de mémoire. Le 25 mai 2020, la comédienne Noémie Gantier se lance un défi insensé : apprendre par cœur L’Amant de Marguerite Duras. Et seule sur scène, l’interpréter. Mot après mot, reprendre le bac sur le Mékong. Briser les interdits. S’extraire aux lois de la famille. Se frayer un passage dans la littérature. Là où toujours le désir prend sa source.
Livre à la postérité exceptionnelle, L’Amant retrouve dans la bouche de Noémie Gantier toute sa charge émotionnelle. De nouveau, on renoue avec la puissance inouïe de la langue de Duras : un flot brûlant, dévastateur, qui surgit de la mémoire de l’actrice et percute sans ménagement.
De cet effort fou naît une performance-fleuve : dire le roman dans son intégralité, pendant près de cinq heures. Dans un espace brut, intime, Noémie Gantier invite les spectateurs à embarquer avec elle : vers une enfance perdue, un pays disparu, un texte aimé autant que contesté. Elle en fait entendre les beautés comme les troubles, ce qui bouleverse encore et ce qui, aujourd’hui, résiste. C’est là que le théâtre commence : dans cette écoute partagée, cette expérience commune. Et dans la nécessité, avec Duras, de ne jamais céder à l’oubli.








