La Musica deuxième
C’est avec une pièce de Marguerite Duras que le metteur en scène et cinéaste Arnaud Desplechin signe sa troisième collaboration avec la Comédie-Française, débutée avec Père de Strindberg et poursuivie avec Angels in America de Tony Kushner. L’autrice – qui était aussi cinéaste – le touche par son art du dialogue, et il choisit dans son œuvre théâtrale. La Musica deuxième, une partition où l’écriture alterne entre un langage du quotidien et une parole poétique.
La scène se déroule dans le hall d’un hôtel à Évreux, en fin de journée. Un homme et une femme s’y retrouvent juste après la prononciation de leur divorce. Il attend un coup de téléphone de sa compagne actuelle, elle s’apprête à rejoindre son nouveau conjoint qui vient la chercher en voiture. Eux qui ne se sont pas compris, qui se sont mal aimés, ne parviennent pas à rompre l’échange. La nuit venue, ils en oublient le temps, cherchant à se retrouver eux mêmes, à se venger peut-être.
Au sein d’un dispositif bifrontal, le plateau, long et étroit, est « comme un ruban, où le couple ne cesse de dérouler le souvenir de son amour défunt », dit Arnaud Desplechin. Il laissera s’exprimer le langage du corps, dans une danse d’envol ou le rêve d’une étreinte, pour révéler l’absolu de l’amour dans cette rencontre éphémère.







