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Le mot progrès dans la bouche de ma mère sonnait terriblement faux
Cette pièce parle de la guerre, de la douleur, de la mémoire blessée. Les frontières qui sautent en Europe, la mixité culturelle, la liberté retrouvée sont en train de dessiner un nouveau paysage géographique et humain... sont en train de dessiner l’avenir et l’espoir. Mais si on creuse un rien sous ce paysage, on découvre plusieurs couches de morts superposées et beaucoup de blessures mal guéries, encore saignantes... Souvent, les frontières se reconstituent ailleurs, dans les cours, dans les rancoeurs, dans les esprits tourmentés… Cette pièce se veut un miroir lucide posé devant notre conscience européenne, un avertissement que la sortie du tunnel est encore loin…
Matéi nous étonnera toujours car il n'est jamais là où on l'attend. Avec un titre pareil, on imagine un portrait de société au vitriol à travers le rapport d'une mère à l'évolution du monde et des choses. On se retrouve dans un village qui se reconstitue en comptant ses disparus et en tentant de leur donner une sépulture. A la manière Visniec évidemment, c'est-à-dire avec des dialogues enlevés, presque burlesques au moment où on tente de donner un nom à des événements tellement inhumains que beaucoup préfèreraient qu'on les taise.
