- 6 vues

Tragédie Démocratie
Notre époque pose, plus que jamais, la question du pouvoir et de sa distribution : c’est l’effort à faire, afin de ne pas désespérer vainement de l’état du monde. « Démocratie » : c’est un mot-piège que nous abordons, un mot dont on sait avec assurance au fond de soi ce qu’il veut dire, sans que personne n’en ait la même définition.
Dans la séquence historique que nous traversons, l’instabilité institutionnelle accrue et la sensation d’appréhender le présent comme un sac de nœuds recouvert de brume, nous ont par nécessité emmené très loin dans notre passé. Pour mettre en rapport les maux et les mots, notamment un des plus utilisés aujourd’hui : démocratie.
Héritage de la Grèce antique et… mystification. Car nous n’y sommes pas, en démocratie. Chez les Athéniens, dêmos + kratos = pouvoir au peuple. Donc le peuple décide. Élire des représentants qui vont décider à notre place, ce n’est absolument pas la même chose que décider : quand on vote, on décide ; quand on élit, on choisit les meilleurs. En grec, meilleur se dit aristos. Donc une élection démocratique, ça ne peut pas exister, une élection, c’est forcément de l’aristocratie.
Nous verrons que le théâtre, dès son origine athénienne, a été en lien avec la
démocratie. Le théâtre est aussi ce lieu et ce moment de l’insaisissable, du renversement, de l’inattendu, cette fête qui vient toujours perturber l’ordre de l’époque. Qui vient nous dire que la réalité déborde toujours le discours ordonné d'Apollon.




