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Tannhäuser
L'homme, déchiré par le dualisme ? Matière et idée, épanouissement charnel et quête spirituelle, volupté terrestre et transfiguration céleste : depuis des millénaires, philosophes et religions affirment l'existence de principes contradictoires.
Tannhäuser, métaphore de l’artiste ou simplement un homme en quête, refuse d’accepter cette division et erre entre ces mondes déclarés antagonistes. Son but n’est pas la réconciliation de la contradiction, mais sa négation, la décision consciente de tout vivre. Il cherche la réponse à son désir d’épanouissement tantôt dans le mysticisme spirituel, tantôt dans l’amour d’inspiration chrétienne ou dans le sexe pur. Mais il semble toujours manquer quelque chose, son désir n’est jamais assouvi. Ainsi, Tannhäuser n’arrive jamais vraiment à bon port, il est toujours entraîné ailleurs ; le dégoût de lui-même devient plus grand encore que le mépris pour la médiocrité, pour tous ceux qui se contentent de compromis (comme le font les chanteurs de la Wartburg avec leur art exsangue), au lieu d’exploiter les extrêmes. Tannhäuser est un mouvement sans perspective d’aboutissement. C’est pourquoi Richard Wagner n’a jamais pu achever cette œuvre, quel que soit le nombre de fois où il l’a remaniée.







