Résurrection, un cas de conscience
Pour sa première pièce de théâtre, écrite à l’invitation de Simon Delétang, Leïla Slimani s’inspire du roman homonyme de Tolstoï. L’autrice, comme dans toute son œuvre, donne à observer l’impact de la violence des structures sociales sur les idéaux de ses contemporains.
Un écrivain célèbre, juré à un procès, reconnait l’accusée. Il l’a fréquentée jadis chez ses tantes qui l’avaient recueillie. Il découvre aujourd’hui qu’elles avaient jeté à la rue l’orpheline car elle était enceinte. Comprenant les conséquences de la nuit au cours de laquelle il a abusé d’elle, il est prêt à tout pour réparer sa faute. « Le procès agit comme une révélation et, honteux de ses privilèges et des excès de sa classe, il veut faire le bien avec les fruits du mal », précise l’autrice. À chaque visite de l'homme en prison, l’inculpée dédaigne son aide, excluant le pardon espéré : « Bien que victime de son sexe et de sa condition, elle lui refuse cette absolution comme un ultime geste de liberté et de dignité. »
Ce spectacle est né d’un partenariat entre la Comédie-Française et le Théâtre de Lorient - Centre dramatique national dirigé par Simon Delétang, qui a monté dernièrement La Mort de Danton de Georg Büchner à la Salle Richelieu. La pièce sera créée à Lorient en octobre puis jouée en tournée en France avant d’être présentée au Théâtre du Vieux-Colombier.






