Les Bonnes
Les bonnes sont deux sœurs, Claire et Solange. Elles répètent le meurtre de leur maîtresse dans un rituel où la cadette joue Madame en se parant de ses robes, l’aînée la bonne. Elles sont parvenues à faire arrêter Monsieur, elles échafaudent désormais l’empoisonnement de leur maîtresse.
Genet précisait qu’il n’avait pas écrit un plaidoyer pour les domestiques. Il dresse néanmoins une critique de la bourgeoisie du XXe siècle et apporte un soin particulier à l’éloquence de celles qui n’ont habituellement pas droit à la parole.
Metteuse en scène reconnue de la scène européenne, directrice du Théâtre national de Catalogne, Carme Portaceli consacre son théâtre à de grandes figures féminines, d’Emma Bovary à Anna Karénine et Marie-Madeleine. Avec Les Bonnes, elle s’attache à la fracture sociale en jeu dans ce trio de jeunes femmes, entre la haine des bonnes et la condescendance de la maîtresse. Et elle creuse les échos contemporains de cette cérémonie de la vengeance, à l’heure où les réseaux sociaux dominent l’image que l’on a et l’on donne de soi. Des jeux de miroirs démultiplient la tension entre désir et cruauté, la confusion entre rêve et réalité.
La saison 2026-2027 marque les quarante ans de la mort de Jean Genet et les quatre-vingts ans de la création des Bonnes par Louis Jouvet au Théâtre de l’Athénée. C’est dans ce lieu historique parisien que la Troupe présente cette pièce devenue un classique du répertoire moderne.






