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El corazón de Ester
Au 19e siècle, fut retrouvé dans la campagne anglaise un mystérieux manuscrit composé d’extraits de journal intime et de poèmes d’amour écrits par une certaine Ester. Elle y décrit comment, à force de s’abandonner corps et âme à ses bien-aimés, elle disparaît peu à peu. Alberto Cortés met en miroir l'abandon à l'être aimé et son propre abandon face au public : il dessine les contours de cette relation définie par le fait de regarder et d’être regardé, et en conclut qu’à force d’être regardé, on finit par disparaître. Il a donc décidé de ne présenter la pièce que 50 fois ; au-delà, elle sera consumée par le regard du public, telle une bougie. Cortés interroge également l’existence d’une dévotion queer, et la relie à l’espoir d’un avenir nouveau.
Confession poétique, El corazón de Ester décrit la nature performative de l’amour – qui nous épuise autant qu’il nous nourrit –, la dimension existentielle de la solitude et la vulnérabilité du corps. C’est une pièce rituelle dans laquelle la scène est un lieu de pèlerinage consacré à la dévotion, au risque et à l’amour, qui se fait également un plaidoyer en faveur de la performance.