Dans le couloir
Il était une fois un couple d’octogénaires qui, du jour au lendemain, voient revenir chez eux un fils (plus du tout jeune) qu’ils avaient perdu de vue. Ce dernier s’enferme de façon mystérieuse dans son ancienne chambre d’enfant, sans rien dire des raisons de ce retour au bercail. « Rien n’est plus drôle que le malheur, pourvu qu’il soit équitablement partagé », assure malicieusement Jean-Claude Grumberg. C’est ce que l’on se dit en regardant Jean-Pierre Darroussin et Christine Murillo éclairer les petites douleurs, les souvenirs et les querelles de toujours des deux époux qu’ils incarnent magistralement.
Dans le couloir fait résonner la tragi-comédie d’une vieillesse qui s’effiloche en réfléchissant au sens et au non-sens de l’existence. Une femme et un homme nous ouvrent les portes de leur intimité. Derrière la porte close de sa chambre, le silence de leur fils devient un poids. Que doivent-ils faire ? Le laisser tranquille ? Le choyer comme un enfant ? Le tempérament bougon du père s’oppose à l’indulgence affectueuse de la mère. Et la vie continue, riche de contradictions, entre gravité et ironie. Dans une mise en scène pleine de finesse signée Charles Tordjman, elle déploie toutes ses subtiles nuances et ses émouvantes possibilités.






